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Accompagnement

"What’s wrong with the right people ? » - Résidence de recherche musicale

Confinews #8

Publié le 03/03/2021

Cette résidence de recherche musicale portée par Avant-Post et accueillie au Grand Mix a réuni Olivier Desmulliez (Temps Calme) et Louise Ehkirch (ESMD). 

À partir de compositions d’Olivier Desmulliez inspirées du roman de Jack Black « You can’t win », cette rencontre artistique inédite a permis à ces deux musiciens d'échanger et d'expérimenter autour de leurs pratiques respectives.

Benjamin, tu as créé Avant-Post en 2020, c’est donc tout à fait récent, quelles ont été les premières rencontres créatives du projet?

Benjamin : Les premières pistes de collaboration ont eu lieu à l’Aéronef en juillet. L’idée étant de prendre des musiciens aguerris et de confronter des jeunes musiciens en formation à un processus de recherche et d’expérimentation, on avait testé la formule avec Jean-Bernard Hoste et Virgile Guiost dans le cadre d’un épisode pilote de la série “Avant-Post”.
Puis, on devait lancer officiellement le projet à l’Aéro en novembre en première partie de Thurston Moore, avec Red et Claudine de Dear Deer mais cela n’a pas pu avoir lieu en raison du contexte sanitaire. Je me suis également servi d’Avant-Post pour relancer mon projet Overlow.
 

 

Comment choisis-tu les artistes avec qui tu as envie de travailler?

Benjamin : Comme nous sommes au début de l’aventure, je travaille avec des gens de mon réseau surtout. Cela fait longtemps que j’ai repéré des musiciens qui seraient susceptibles de s’engager dans cette expérience. De plus, j’interviens à l’ESMD et je rencontre donc régulièrement des étudiants qui sont en formation donc l’idée est de débuter avec ce réseau de personnes et ensuite de l’élargir.

Quel est le point de départ de la collaboration entre Louise et Olivier?

Olivier :  C’est la proposition de Benjamin, qui nous a repéré et qui a ensuite organisé la rencontre.

Benjamin : Oui, je savais qu’Olivier voulait tester quelque chose en solo. Sans vouloir produire son album solo en tant que tel, mais plutôt en restant dans une idée de recherche et d'expérimentation, je trouvais intéressant d’associer quelqu’un qui pourrait lui apporter par sa pratique (Louise fait du piano et du saxophone et vient d’un cursus classique), quelque chose de différent. Il y a un aller retour dans leur façon de travailler et pour deux personnalités artistiques c’est une ouverture très intéressante.

Et donc, vous ne vous connaissiez pas du tout? 

Louise et Olivier : Absolument pas !

Olivier : On s’est vu une semaine avant le début de la résidence pendant ¾ d’heure pour se présenter. Il y a eu un petit travail en amont. J’ai proposé des morceaux qui ne sont pas terminés à Louise ce qui nous a permis de débuter cette collaboration.

 

 

Vous répétez depuis 3 jours au club du Grand Mix, quel premier bilan pouvez-vous tirer de cette phase de résidence?

Olivier : On se connaît déjà un peu mieux musicalement et humainement. On continue de tester les choses avec le regard extérieur de Benjamin. Après, cela aurait pu durer deux semaines sans problème.

Louise : Comme on n’a pas d’échéance, on peut se permettre de prendre le temps et de laisser la création se faire. On peut essayer, tenter, voir ce qui marche et ce qui ne marche pas. J’essaye d’apporter des choses différentes à Olivier.

Est ce qu’une représentation publique est prévue?

Benjamin : Si ça se concrétise dans quelques mois tant mieux, mais ça ne sera pas forcément dans le cadre d’Avant-Post. On est surtout là pour lancer des pistes, poser des jalons, mais sans objectif précis à court terme.

Olivier : Je suis dans la phase expérimentale de mon projet, donc c’est encore flou même si les choses se construisent dans ma tête.

Louise : Je découvre un peu d’autres musiques que le classique et le jazz, je découvre les synthés par exemple, donc c’est déjà une super opportunité pour moi.

Structure créée en 2020 pour soutenir des projets de création et de recherches artistiques dans le domaine des musiques actuelles, Avant-Post propose une vision inédite des musiques actuelles en orchestrant des rencontres créatives d’un genre nouveau. Programmés dans des lieux partenaires, ses concerts se veulent à la fois riches en exploration artistique et en convivialité festive. Fort de son expérience transverse de la création musicale, Benjamin Collier impulse et pilote ces rendez-vous qui établissent des passerelles entre artistes confirmés, musiciens locaux, élèves des Conservatoires et étudiants de l’enseignement supérieur. Objectif: chahuter la création musicale trop souvent perçue comme hermétique.

Avant-Post est financé par le ministère de la Culture, la région Hauts-De-France et la Ville de Lille.

Typo Typex / Chamberlain en création

Confinews #7

Publié le 01/03/2021

Rares sont les occasions d'accueillir la création d'un spectacle "synesthésique", où se mêlent sons, lettres, couleurs et mots. Rencontre avec Mathieu Harlaut aka Chamberlain autour des prémices du spectacle Typo Typex.

Quelle est la genèse de Typo Typex (titre provisoire) ?

Le point de départ est mon envie de réaliser pour la première fois un spectacle “jeune public” avec La Cave aux Poètes(Roubaix) 

On a fait une première session pour définir le concept : un spectacle d’environ 30 mn, autour du poème “Voyelles” d'Arthur Rimbaud. A partir de ce poème synesthésique, on joue avec les mots, la typographie et l’imaginaire. Et même si on parle de “jeune public”, c’est une forme poétique “tout public”, adressée à tous les âges, à partir de 5 ans.

Ensuite, on a fait une session d’écriture et de recherches fin 2020, où l’on a testé des associations entre la musique et le graphisme. On travaille une progression entre les lettres, les couleurs associées et les mots.  Au Grand Mix, c’est la première fois qu’on se retrouve ensemble dans un espace scénique. Puis on fera d’autres résidences de création à La Cartonnerie (Reims) et à L’Astrolabe (Orléans).  

 

 

A quoi ressemblera ce concept sur scène ? 

Sur scène, on pourra voir des choses concrètes : un musicien et un VJ (Vidéo-Jockey) qui déclinent en direct le poème “Voyelles”, en images et en musiques.

Mais il y aura aussi des choses abstraites. Comme au musée, les spectateurs pourront choisir ce qu’ils ont envie de regarder, chacun aura sa propre lecture des paysages que créent la musique et les illustrations … 

Et quand jouerez-vous pour la première fois Typo Typex ?

On présentera le spectacle pour la première fois à Roubaix, fin décembre 2021. Et ensuite, on a l’intention de jouer “Typo Typex” un peu partout, dans des salles de concert mais aussi dans des musées, des médiathèques … Techniquement, c’est un spectacle assez léger : un piano et des machines, un artiste graphiste et une projection.

De quoi sera composée la musique ?

Certains morceaux existent déjà sur les albums de Chamberlain, et d’autres ont été créés pour le spectacle. La musique de Chamberlain est narrative, elle évoque des paysages. Elle s’allie donc facilement aux illustrations visuelles. Et il y aura aussi un élément supplémentaire très important : la voix du poème, qui sera enregistrée, samplée … 

 

 

Peux-tu nous présenter l’équipe du spectacle ?

Sophie Cusset est actrice et metteuse en scène. Elle apporte un regard extérieur au spectacle, et nous aide à créer une progression entre le son et l’image. Nous avions déjà travaillé ensemble il y a 15 ans au Théâtre du Nord pour le spectacle “Berlinoiseries“. Son univers tourne beaucoup autour du cabaret burlesque.

Patrick Paleta, graphiste et artiste peintre, a une agence de communication visuelle : Chevalvert. Il propose des concepts graphiques très forts, et avait travaillé sur la scénographie de Chamberlain en 2016, où l'on projetait de la fumée et des images. 

En dehors de Typo Typex, quelle est l’actualité de Chamberlain ?

Je vais dévoiler plusieurs singles ces prochains mois, dont un premier titre en avril. Et la sortie d’un album est prévue fin 2021 ou début 2022. On vise une résonance nationale, mais aussi en dehors de la France, avec une release party à Berlin et Milan.  Je m’étais un peu interdit de sortir des morceaux pendant le premier confinement. Mais au bout d’un moment il ne faut plus attendre, et recréer du lien même sans les concerts. 

Mais le coeur de Chamberlain, ça reste le live. C’est un projet qui est fait pour jouer partout, peu importe l’heure, autant sur une belle scène que dans un musée ou un jardin d’EHPAD. 

Et à côté de Chamberlain ?

Je compose sans arrêt des morceaux, qui figurent dans des catalogues pour la synchronisation audiovisuelle (publicité, cinéma, reportages etc). Ma musique peut donc se retrouver un peu partout : un reportage pour Tennis Channel aux Etats-Unis, une publicité pour des toilettes en Espagne …  Au milieu de tout ça, je continue aussi Cendrars, mon projet new soul.

TYPO TYPEX
Voyage musical, graphique et poétique

Mathieu Harlaut / compositeur, interprète
Patrick Paleta / Graphiste, VJ
Sophie Cusset / Mise en scène - regard extérieur
Emmanuel Catty / Régie

Weekend Affair s'agrandit !

Confinews #6

Publié le 15/02/2021

En septembre 2019, l’élégant duo inaugurait le nouveau Grand Mix à coup de tubes électro-pop. Cette année, Weekend Affair évolue en trio, à l’aube d’un nouvel album. Cyril & Louis nous en disent plus sur cette récente métamorphose.

Il paraît que Weekend Affair s’agrandit ?

Louis : Oui, Jonathan Cagne (RMB Studio) vient de nous rejoindre, à la basse et aux claviers. Ce qui nous permet de faire évoluer le projet de manière plus libre. Avant, la formule duo nous demandait beaucoup de gymnastique mentale. Comme j’étais à la basse et au chant, j’avais besoin de me libérer les mains pour me concentrer sur ma voix et l’interprétation de la musique. John apporte beaucoup à Weekend Affair car il est ultra polyvalent et talentueux. 

Cyril : C’est une formule idéale pour défendre notre futur album, dont les titres sont déjà enregistrés.

Parlez-nous de ce nouveau disque. 

Cyril : L’album s’appelle “Quand vient la nuit”, et il contient 11 titres. Il a été enregistré comme les précédents albums : dans un premier temps, j’ai réalisé les prods dans mon home studio, et Louis a enregistré chez lui les voix témoins. Puis on a enregistré les voix définitives avec Antoine Brun & Ronan Mézière, les membres d’Edgär (groupe électro-pop amiénois). 

Louis : C’est un mode de fonctionnement hybride, où on travaille parfois tout seul, parfois en collectif. 

 

Qu'y a-t-il de nouveau dans cet album ?

Louis : Ce disque représente une étape différente dans nos vies. On n’a plus le même âge ni la même manière de vivre. L'album “Du Rivage” (2018) était porté sur la nuit, la fête et les rencontres. “Quand vient la nuit” est plutôt introspectif, plus personnel. 

Cyril : Et quelques chansons ont aussi des textes assez universels. On espère qu’elles voyageront loin ! 

Du côté des instrus, j’ai beaucoup expérimenté. Je me laisse porter par des tendances musicales que j’écoute. Sans être un gros aficionado de trap ou de cloud rap, j’en ai écouté. Et avec Weekend Affair, on s’est surpris parfois à voyager aux abords de ces musiques-là : avec des morceaux très lents, des sons spécifiques de charleys ou de basse.

Sans vouloir réinventer la poudre, l’idée est de défricher certains endroits assez peu explorés dans la pop. On a la chance de ne pas être attendus, de décider de tout nous même, et on a donc de la liberté. 

Vous attendez un meilleur contexte pour le sortir ? 

Louis : On veut savoir quand les concerts pourront reprendre, sortir l'album maintenant n’aurait pas de sens. On a pas envie que ça soit un pétard mouillé.

Cyril : Oui, on attend le bon moment . C’est comme ça que ça fonctionne, il faut le disque et une bonne promo pour tourner.

 

 

Vous répétez au studio du Grand Mix, puis en salle. Pourquoi ce parcours ?

Louis : Au studio, on se prépare pour profiter pleinement de la grande salle. On adapte les morceaux de l’album en live,  on rallonge ou on raccourcit certaines parties. On voit comment les titres s’enchaînent, on travaille les variations d’énergie. Quand on arrivera en grande salle, on pourra se concentrer sur le son, l’aspect scénique …

Cyril : Et on associe des chansons du précédent album avec ces nouveaux morceaux. Antoine Brun (Edgär) est aussi venu pour nous conseiller sur la création du show, il est très pertinent.

Et à côté de Weekend Affair, des projets musicaux ?

Louis : Je continue toujours mon projet solo Louis Aguilar. Je compose, j’enregistre de la musique, et je vais peut-être même faire des chansons en français.

Cyril : De mon côté, j’expérimente beaucoup des envies de sonorités et d’ambiances, déjà en prévision des prochaines années de Weekend Affair. Je suis aussi associé à plusieurs boîtes audiovisuelles, avec qui je travaille sur des commandes. C’est totalement différent de la scène et ça complémente assez bien mon activité de musicien. Dans le genre rigolo, j’ai pu composer il y a quelques années un générique de JT pour une capsule de Groland !

Session studio avec Jimi Connors Experience

Confinews #5

Publié le 25/01/2021

Depuis son inauguration (sept 2019), notre studio accueille des groupes régionaux en répétition. Désormais, il est opérationnel sur la partie "enregistrement" ! 

L'occasion d'enregistrer les premiers titres du tout nouveau groupe "soft rock" Jimi Connors Experience. Un "All-Stars Band" réunissant des musiciens très actifs dans la scène lilloise. Thom Demu, à l'initiative du projet, nous en dit plus sur le groupe.

Comment est né JIMI CONNORS EXPERIENCE ?

Il faut savoir que j’ai deux passions dans la vie, la guitare et le tennis, d'où le nom du groupe.

A côté de mes différents projets musicaux, je composais des morceaux dont je ne savais pas quoi faire. J’avais donc envie de changer de méthode de travail et de jouer avec d’autres gens, pour exploiter ces morceaux.

Pendant le 1er confinement (printemps 2020), j’ai commencé à envoyer des brouillons de morceaux à Edouard, qui m’a ensuite partagé des pistes de claviers. L’objectif était de sortir de ce confinement avec des morceaux suffisamment avancés pour les jouer ensuite en groupe. On a contacté François à la basse et on a répété dans la foulée. Olivier nous a ensuite rejoints, on se connaissait de loin et le feeling est bien passé. Le groupe s’est fait comme ça !

Avec le second confinement, il y a eu un alignement des planètes !  On a eu de chouettes coups de main pour répéter et avancer. En décembre, l’Aéronef nous a accueilli pendant 3 jours, ce qui nous a permis de répéter ensemble pour la première fois, et surtout de faire des maquettes de “pré-enregistrement”. Puis on a répété encore à l’Arc en Ciel (Liévin), et nous voici au Grand Mix pour un enregistrement pro.

Sur quoi va déboucher cet enregistrement ?

Comme on ne peut pas se projeter sur des concerts dans l’immédiat, autant commencer par travailler l’enregistrement ! L’idée est de réaliser un EP, en enregistrant 5 titres en 5 jours. On se concentre d'abord sur les parties instrumentales, et il faudra ensuite enregistrer le chant.

 

Comment décris-tu la couleur musicale de ces nouveaux morceaux ?

S’il fallait choisir une étiquette, je dirais “soft-rock” : il y a des influences variées, mais on reste sur des couleurs assez joyeuses, une atmosphère assez légère, groovy. J’avais envie de faire une musique moins chargée et électrique que Le Duc Factory, et moins intimiste que Old Royal (projet solo folk acoustique). Les morceaux sont des chansons plutôt pop, avec des influences qui ratissent large. Spontanément, je pense à Kevin Morby, Unknown Mortal Orchestra ou encore Childish Gambino. 

Je pense que ça sonne naturellement assez 70’s, avec très peu de place aux ordinateurs. Mais on cherche pas à reproduire un son “revival”, le son de basse est moderne, les claviers ne sont pas vintage ...

Quel est le processus de l'enregistrement ?

On enregistre d'abord la section rythmique en jouant ensemble : guitare, basse, batterie, claviers. Sur certains titres, on joue avec un métronome, et sur d'autres on se laisse plus de liberté au niveau du tempo. Puis, on enregistre dans un second temps des lignes aditionnelles de guitares et claviers. On a la chance d'utiliser une bonne table de mixage (celle utilisée habituellement en salle), ce qui nous facilite le travail.

Quand les concerts reprendont, avec quels groupes rêverais-tu de jouer ? 

Je jouerais bien avec White Denim, mon groupe de rock préféré ! Ce serait cohérent avec notre univers, une musique rock assez large. Je pense aussi à Chris Cohen (passé au Grand Mix en 2016), que j'aime beaucoup. 

 

 

Jimi Connors Experience

Guitare, chant : Thom Demu (Le Duc Factory, Old Royal, Antoine Pesle, Anti-tempête ...)
Claviers : Edouard Reynaert (Nouveaux Climats, Antoine Pesle, V Love)
Batterie : Olivier Durteste (DDDXIE)
Basse : François Hannecart (Oddism, Chatte Royal)

Enregistrement : Nico Chimot

Un nouveau groupe en création

Confinews #3

Publié le 03/12/2020

CONFINEWS #3

Il arrive parfois qu'on assiste à l'éclosion de nouveaux projets musicaux. On y entend les premiers riffs, des extraits de paroles et d'idées ...

Ce nouveau groupe (sans nom à ce jour) est l'alliance de trois musiciennes lilloises, dont les nombreux projets oscillent entre folk, pop ou "grunge sentimental'  : Sophie Sand (SaSo / L'Argousier ...)  , Léonie Young (The Breakfast Club) et Séverine Cagnac (ACCIDENTE).

Rencontre avec les trois artistes, à l'occasion de leur première répétition dans notre studio.

Quel est le contexte de cette résidence de 3 jours au Grand Mix ?

Sophie : C’est la première fois qu’on lance un projet ensemble. Pour cette résidence, rien n’était préparé à l’avance. 

Séverine : L’idée est venue à la cantine, lors de BLAM (Badass Ladies Arranging Music - Loud’Her). On parlait de l’envie d’un groupe punk, pas forcément au niveau musical, mais dans l’esprit. Et on se connaissait déjà toutes les trois par la chorale Chauffe Marcelle.

Léonie : Dans BLAM, on changeait d’instruments, on était mobile. Par exemple, je jouais de la basse sur un morceau, alors que je n’avais pas fait de basse depuis longtemps.  Dans ce nouveau groupe, on a aussi envie de changer d’instruments. Ici, Sophie joue de la batterie, alors qu’elle n’en joue pas dans ses projets déjà existants.

Sophie : J’ai lu un super ouvrage paru chez Zone, Riot Grrrls, sur les trajectoires féministes dans le punk. Il parle de cet esprit, de ne se mettre aucun frein. Donc on fait ça, avec toujours beaucoup de bienveillance entre nous. 

Léonie : Et la période actuelle tombe plutôt bien sur ce coup-là, comme un accélérateur. A la base, on devait juste se faire un goûter pour parler de ce projet. Mais tout a fermé, et on a eu l’opportunité de venir au Grand Mix.    

 

 

Lors de votre répétition de ce matin, on a entendu des paroles. Elles ont donc été écrites sur le vif ?

Sophie : Oui, on a fait un cadavre exquis. Tout est parti d’un carnet qu’on a fait tourner pendant 30 minutes. On s’en sert donc pour piocher des phrases, les réarranger.

Léonie :  Il y a un côté amusant dans cette démarche. Ça permet de faire de l’écriture collective, de connecter nos imaginaires. Les paroles résonnent parfois en cascade. 

Séverine : Ca génère aussi de la surprise, et tout se compose au présent. On écrit, puis on trouve une mélodie à l’instant d’après …

Dans ce nouveau groupe, comment voyez-vous l’alliance de vos univers artistiques ? Sont-ils plutôt semblables ou contrastés ?

Sophie : Déjà, je remarque que nos personnalités sont très différentes. Nos voix et nos influences le sont aussi. C’est donc assez riche, difficile aussi, mais on s’en sort bien ! J’adore créer en duo (avec L’argousier) via l’impro, l’écriture collective, mais c’est la première fois que je le tente à trois. 

Léonie : Je pense que dans chacun de nos projets musicaux, il y a une recherche de simplicité, d’univers assez épurés, quelque chose de direct et franc. Et si nos voix sont contrastées, elles se marient bien et créent du relief. 

 

 

Vous aviez des objectifs pour ces 3 jours ?

Léonie : Au départ, il n’y avait pas d’objectifs. Au bout de 3 jours, on a envie de continuer, de refaire une résidence pour aller plus loin.

Sophie : On va sortir de la résidence avec 6 objets, plus ou moins formalisés, des morceaux avancés et des ébauches.

Séverine : J’aime bien ce format de 3 jours pleins pour créer,  car tu es obligée d’y aller, de “mettre du bois dans la chaudière” (rires). Et c’est un vrai plaisir d’avoir un cadre de travail, d’être pleinement concentrée sur la musique. 

Et vous imaginez déjà votre premier concert ?

Léonie : En tout cas, on imagine les nouveaux morceaux en live, plus qu’en enregistrement. On a envie de les faire vivre sur scène. 

Sophie : Pour le premier concert, j’imagine qu’on sera fières, joyeuses, il y aura beaucoup de copines. Au niveau du dispositif, j'aimerais tester une scène en 4 points, où on tournerait autour des instruments. Pour que le public soit autour de nous, et non pas en "frontal" (en face de la scène).

 

 

Confinement, volume 2 : Le Grand Mix est bien fermé publiquement, mais contrairement au printemps dernier, nous pouvons accueillir des artistes en résidence. L’occasion d’en savoir plus sur ce travail bien souvent invisible : répétitions, perfectionnement scénique, phases de création …

Résidence avec Yolande Bashing

Confinews #2

Publié le 20/11/2020

CONFINEWS #2
Une poésie du réel et de l'absurde, des chansons électro dansantes et mélancoliques, un esprit punk toujours présent. Yolande Bashing a posé ses valises au Grand Mix pour notre plus grand plaisir.

Cette fois-ci, pas de JT de Jean-Pierre Pernaud pour Yolande à midi, mais une interview autour des frites de la mythique Frit' Saint-Anne de Tourcoing.

Quel est le contexte de cette résidence de deux jours au Grand Mix ?

On prépare un concert pour le festival Ici Demain (1ère édition) au FGO-Barbara (Paris) le dimanche 22 novembre. Le festival devait se tenir avec du public, mais il est maintenu en  streaming. Sourdoreille va réaliser la captation du set. Le concert sera aussi diffusé en direct par Brain Magazine

Malgré ces conditions spéciales, c’est un concert important dans notre phase de développement, notre première captation de ce type. La résidence au Grand Mix est là pour nous préparer à la vidéo et toutes ses contraintes. Il faut être au poil sur la voix et sur les machines. On fait de l’électro-chanson un peu punk dans l’esprit, avec un son qui bave souvent. Il faut donc trouver un équilibre pour s'adapter à ce format vidéo.

Et ça va se ressentir sur votre présence scénique ? Sera-t-elle différente avec des caméras à la place du public ?

Le public sera là à travers une caméra, et l’idée est de jouer avec elle. En effet, tu n’es pas dans le même type de communication, et c’est tout l’enjeu de travailler ça en répétition. On a beaucoup bossé le son avec Manu Catty, qui est notre ingé son depuis 3 ans. On travaille aussi les transitions entre les chansons, pour construire une setlist de 40mn.  On avait trop de chansons au départ, donc on en a enlevés, ce qui est toujours difficile !

Sur scène, on joue autour d’un îlot central de synthés. Il n’y a que des instruments essentiels, des synthés qui dessinent l’espace. Ils sont séquencés par un ordinateur, il n’y a pas de bandes préenregistrées. J’aime que la musique soit organique pour ne pas produire exactement le même son à chaque concert. C’est un risque à prendre, mais l’erreur est un cadeau quand on est sur scène, elle te replace au moment présent et tu en rigoles. Un jour à la Gare Saint-Sauveur, un clavier est tombé au sol mais il jouait encore, et je me suis dit “Vive le live” !

Ce temps de travail rentre dans la continuité d’une autre résidence, qu’on avait faite à la Cave aux Poètes. On a travaillé avec Thomas Blanquart (Walk this Way), sur du coaching scénique et la dramaturgie du concert.

Car quand on te voit sur scène, on est marqué par ta gestuelle assez libre, ta présence un peu loufoque …

C’est quelque chose d’assez instinctif, pas du tout chorégraphié. Ou plutôt ça ne l’était pas. Car parfois, on donne de mauvais signes avec son corps, par rapport à une chanson et son message. J’avais un peu ce problème là , d’être tout le temps à donf’. Depuis cette résidence, on se focalise sur ce qu’on veut raconter dans chaque chanson sur scène. Parfois, il faut resserrer le corps, et plus se concentrer sur la voix, enlever les parasites pour rendre le concert le plus lisible possible.

 

 

D’autant plus que Yolande  Bashing joue en duo depuis cet été ?

J’aime bien dire qu’on est trois, car le travail du régisseur est très important sur Yolande Bashing. Manu gère beaucoup d’effets importants sur la voix, et c’est le troisième membre du groupe. Et donc Aurélien (Okay Monday, Paprika Kinski) a aussi rejoint Yolande, avant tout à la basse mais aussi aux machines. 

Au départ, on bossait en studio sur mon 1er album, puis on a décidé de continuer sur scène. Ma volonté était de plus m’émanciper des machines, car je devais gérer beaucoup d'aspects techniques en même temps. Le duo me permet d’être plus un “front-singer”, de relâcher la pression. C’est que du plaisir. Et cette formule scénique qu’on travaille aujourd’hui au Grand Mix est surtout le fruit de la rencontre entre Aurélien et moi.

Et le nouvel EP a aussi été préparé en duo ? 

L’EP a été enregistré chez moi, car je suis équipé. Et il est actuellement mixé par Marco d’Haussy, qui a déjà mixé Dehli. Un nouveau clip sortira le 27 novembre, “Le Chat” (réal Pablo Albandea).
Puis on sortira les deux autres titres en janvier prochain, pour former un EP de 4 titres sur Bruit Blanc. Voici l’actu ! Et je travaille déjà aussi sur un deuxième album, qu’on imagine sortir pour septembre 2021. Sur cet album, il n’y aura que de nouvelles choses. Chaque album, petit ou grand, est un objet à part entière.

 

 

On espère t’accueillir en première partie d’Ichon le 29 janvier 2021. Que penses-tu de l’association sur une soirée de sa musique et de la tienne ?

C’est super contrasté, et en même temps pas tant que ça. Ichon chante en français, et il est attaché à une certaine poésie. C’est un songwriter, et son dernier album est vraiment riche, avec moins de punchlines qu’avant. 

Il y a des ponts qui se font avec la musique de Yolande, sur le travail des synthés un peu 80’s. On aborde des thématiques assez communes, mais différemment : sur l’amour, la solitude, son rapport personnel aux autres … Je pourrais faire du rap moi aussi. Ou plutôt, j’aimerais pouvoir en faire car je n’ai pas la technique. Et Ichon aime explorer la chanson, pour aller au-delà du hip-hop. Et moi, j’explore aussi plus la chanson maintenant, car avant mon chant était plutôt scandé ou slammé. Donc c’est finalement un bel accord, surprenant mais j’en suis super content !

Yolande Bashing est aussi influencé par tes expériences dans le théâtre ?

Oui, je suis d’abord comédien, même si je fais de plus en plus de musique. Je fais beaucoup de théâtre dans le Nord, et aussi avec le Collectif Cohue à Caen.

Il m’arrive parfois de travailler sur le design sonore des pièces dans lesquelles je joue. Ce sera le cas pour une prochain spectacle plutôt jeune public : “Au dessus de vos têtes” (Cie L’Impatiente), qui jouera au Zeppelin et au Grand Bleu en mars 2021. 

Je pense qu’il y a des liens entre Yolande Bashing et mon travail au théâtre. Même si les gens sont peut-être moins bourrés au théâtre, quand ils te regardent. J’explore dans Yolande les mêmes outils qu’au théâtre : l’adresse au public, l’erreur, l’engagement … Tout cela reste du live, avec beaucoup d’engagement, et tu ne peux pas tricher. Dans le théâtre ou la musique, le rapport au réel est important, tu dois faire avec ce que tu es au moment où tu joues.

 

 

On te retrouvera aussi dans la Fabrique Electro, pour composer une chanson dans deux collèges, tourquennois et roubaisiens. Comment abordes-tu ce projet ?

J’ai l’habitude de travailler avec des jeunes en théâtre, mais ce sera la première fois en musique. C’est donc un exercice nouveau, où on est vraiment sur de l’échange. Car avant de composer la chanson ensemble, il faut que l'on se rencontre, que les jeunes découvrent des synthés, des machines, mon univers … Je ne peux rien préparer à l’avance !

Et enfin, as-tu vécu des concerts marquants au Grand Mix ces dernières années ?

En 2014, Timber Timbre et surtout le groupe Last Ex (avec les mêmes musiciens) en ouverture. Donc en tout 3h de set méga classe !

Plus récemment, j’ai vu YN, et eux aussi sont impressionnants sur scène. 

Et dans un autre registre, le VilleJuif Underground à la réouverture. Leur rapport à l’erreur est génial, ils sont bien punks. Tu as l’impression que pour eux, la musique est juste un prétexte pour boire des coups entre potes !

Confinement, volume 2 : Le Grand Mix est bien fermé publiquement, mais contrairement au printemps dernier, nous pouvons accueillir des artistes en résidence. L’occasion d’en savoir plus sur ce travail bien souvent invisible : répétitions, perfectionnement scénique, phases de création …

Yolande Bashing

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Rencontre avec Orange Dream

Confinews #1

Publié le 13/11/2020

Confinement, volume 2 : Le Grand Mix est bien fermé publiquement, mais contrairement au printemps dernier, nous pouvons accueillir des artistes en résidence. L’occasion d’en savoir plus sur ce travail bien souvent invisible : répétitions, perfectionnement scénique, phases de création ...

Confinews #1 : le duo Orange Dream a investi le studio pendant 4 jours, à coup de percussions tribales et de riffs de guitare psychés. Rencontre avec Mélissa et Guillaume dans leur “bulle” de création :

Quel est le cadre de cette semaine au studio ? Avez-vous des objectifs pour ces répétitions ?

L’objectif est de créer de nouvelles chansons. Et aussi simplement de prendre un temps de création. Car même avec ce contexte Covid, on a eu la chance de beaucoup travailler en octobre. On a donné des concerts dans des médiathèques (ndlr Live entre les Livres), on a fait beaucoup d'administration pour organiser des résidences … Donc cette semaine est l’occasion de poser les choses dans un espace dédié : pour écouter de la musique, prendre des notes … Bref, créer notre petite bulle.

Ce temps de création est donc différent de vos dernières résidences ?

Oui, dans le cadre de la PAM (Pépinière d’Artistes de la MEL), on a travaillé d’autres aspects : une formation autour de thèmes administratifs, des résidences sur des points spécifiques (techniques de batterie, interprétation scénique). Un clip va aussi être réalisé avec Attic Addict

Avec Latitudes Prod, on a pu aussi tester des formules de concerts variées : un concert “sieste” cet été à la serre équatoriale de Lille, des ateliers avec des enfants dans le cadre de Voyage Voyage, ou avec des enfants et parents de l’Alefpa …

Vous préparez aussi votre premier album. Sera-t-il dans la continuité de votre 1er EP “Inside the Waves” ?

Le premier EP a été enregistré en live dans une cave. Depuis, ces morceaux ont évolué, et d’autres se sont ajoutés tout en appartenant à la même histoire. Donc on pense réenregistrer quelques anciens morceaux, et travailler une certaine continuité, garder l’essence de notre musique, son côté brut. 

Même si c’est aussi très plaisant de faire plein d’arrangements, travailler la production studio, on choisit de rester dans la formule guitare/floor tom. Ce qui ne nous empêche pas d’avoir plein d’autres idées, avec d’autres esthétiques, mais on préfère ne pas tout mélanger. 

 

 

Car on imagine que vous écoutez d’autres styles musicaux ? Des choses qui ne transparaissent pas dans votre musique ? 

Mélissa : En ce moment, c’est comme si je découvrais la musique. Je n’ai pas eu cette phase, où tu écoutes à 15 ans des groupes “teenage”, qui te donnent envie de jouer de la guitare électrique. C’est limite en ce moment que je suis en train de vivre ça, contrairement à Guillaume qui a eu plein de phases. c’est comme si je commençais mon adolescence musicale.

Guillaume : Oui quand j’étais ado, je suis passé par le métal, le reggae, le ska-punk, le rock psychédélique …

Mélissa : En fait, je me rends compte maintenant que mes influences viennent avant tout du théâtre, de la danse, des comédies musicales. Et ça se ressent dans la manière dont je bouge sur scène. 

Et comment vous projetez-vous en 2021 ? Quelle serait votre année idéale ?

Déjà il y a la création de ces nouvelles chansons et l’enregistrement du futur album. La diffusion de l’album et les concerts ne nous viennent pas encore à l’esprit en ce moment. Pour 2021, on veut tout simplement que ce qu’on a vécu en 2020 continue, que l’année soit aussi trépidante, et vivante finalement.   

Avec un concert au Grand Mix le 19 février (release party de Temps Calme) ! Un lieu que vous connaissez bien … Des concerts vous ont marqué ?

Mélissa : Oui, déjà parce qu’on est bénévoles depuis quelques années ! 

Guillaume : Moi, je pense à un concert de Suuns en 2016.

Mélissa : J’ai beaucoup aimé Grand Blanc, en première partie de La Femme. Et dernièrement le super projet BLAM (Badass Ladies Arranging Music - Loud’Her) en septembre dernier, auquel j’ai pu participer !

 

Orange Dream

Avec son floor tom arrangé et sa guitare vintage, Orange Dream réveille des incantations blues tribales. Habité, brut et entêtant, le duo lillois mise sur un rock indé contrasté, une pop paganique et enlevée, tout aussi immédiate que finement ciselée. Un rêve acide et doux à éplucher.

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2018 au Grand Mix en chiffres et en lettres

Publié le 14/05/2019

L'association La Passerelle, entité administrative derrière le Grand Mix, édite chaque année un rapport de ses activités qu'elle présente lors de son Assemblée Générale, temps fort de la vie de toute association. 

Voici donc, les chiffres (et les lettres) principaux de l'année 2018 pour le Grand Mix ! 

La PAM! et Bands de SMAC

au MaMA Festival

Publié le 11/10/2017

BANDS DE SMACS - La Cartonnerie de Reims, Le Chabada - Angers (club et salle de concerts) et La Coopérative de Mai - s'associent à la PAM ! - Pépinière d’Artistes de la Métropole lilloise portée par L'Aéronef, Le Grand Mix et La Cave aux Poètes - pour vous proposer une sélection des artistes que ces six salles soutiennent haut et fort. Un line-up survitaminé et atypique poussera même les plus blasés à investir le dance floor: la pop folle et entêtante de BLACK BONES, Després tout en groove froid et implacable, la toujours surprenante s a r a s a r a, Super Parquet et son crossover trad/bass music, sans compter le redoutable duo d’expert en la matière, You Man.

Entrée libre sur accréditation MaMA Festival 2017 sous réserve des places disponibles. RSVP à erwan.jule@gmail.com

LA PAM ! présente
SARASARA _ 13.00 - 13.30
Derrière la voix douce de SARASARA se cache une ghost pop envoûtante des plus énigmatiques et introspective, nourrie des expériences pluridisciplinaires de Björk ou Aphex Twin.
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LE CHABADA présente
DESPRÈS _ 13.50 - 14.20
L'électro pop dansante et mélancolique de Desprès fleure bon le bitume humide du nord de l'Angleterre quand toute une génération new wave s'est réinventée sur une piste de danse.
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LA COOPÉRATIVE DE MAI présente
SUPER PARQUET _ 14.40 - 15.10
Super Parquet c’est l’adéquation des musiques traditionnelles du Centre France et des musiques expérimentales électroniques. Ça n'existait pas, ils l'ont inventé!
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LA CARTONNERIE présente
BLACK BONES _ 15.30 - 16.00
La pop folle et débridée de Black Bones emporte autant les accrocs de mélodies imparables que les aficionados de dance floor. Live bouillant et surprises sténographique garanties!
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LA PAM ! présente
YOU MAN _ 16.20 - 16.50
You Man ou la nouvelle vague de l'électro française, gorgée de soul et de bonté. Techno, ambiant, deep house, électro pop... Autant de styles qui se croisent, fusionnent, s'emballent.